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Rien n'est gratuit

Rien n'est gratuit - Joann Bolduc

Dans cette vie, rien n'est gratuit, il faut se donner le mérite des choses que l'on acquiert. Il ne faut pas tomber dans la facilité, ni se laisser vaincre par les échecs. Ces derniers font partie de la vie, ils nous rendent plus forts et rendent le goût de la victoire encore meilleur. Il y a des obstacles oui, mais on peut les franchir avec une ferme conviction et le désir de réussir.

Ma famille et moi, habitions le quartier Hochelaga, un quartier de Montréal malfamé et empreint au banditisme de toute sorte. Il y faisait quand même bon vivre, si on avait un sixième sens qui permettait d'éviter les problèmes. Mon père faisait de la livraison de colis,  il tentait tant bien que mal de gagner sa vie honnêtement. Il sortait de la maison tôt le matin et y rentrait tard le soir. Je m'occupais de mes frères et sœurs jusqu'à son retour. Ma mère était décédée un an auparavant, à la suite d’un coup reçut sur la tête lors d'une agression. Elle avait à la main un sac rempli d'effets personnels, puisqu'elle faisait office de bonne. Le meurtrier était sûrement un junky, pour penser qu'elle avait des sous et malheureusement, il n'a toujours pas été retrouvé.

Papa avait réussi à noyer sa tristesse en consacrant tout son temps à son travail et à nous. Je l'aidais autant que je pouvais, j’amenais les enfants à l'école, je cuisinais le repas, je faisais le ménage, et même la lessive. Je faisais tout en mon possible pour qu'il se sente bien quand il rentrait à la maison. Il était fatigué, il en était conscient, il ne voulait simplement pas craquer devant ses enfants et moi, je le savais.

Les voisins avaient un peu pitié de moi, mais je n’avais nullement besoin de leur pitié, ni de leur compassion. J’étais contente de ce que je faisais, et ça me suffisait. Alors un jour que je cuisinais, un homme frappa à la porte, mon petit frère ouvrit la porte, il demandait à parler à mon père, mais comme il n’était pas là,  je me présentais.  Du coup, je croyais que c'était les assistants sociaux, heureusement que non. Même s’il posait autant de questions, il n'était pas un inspecteur des services sociaux. Je lui servais le café et lui proposais d'attendre mon père qui devait rentrer tôt cette journée. Quand mon père franchit le seuil de la porte, il perdit l'équilibre et faillit tomber à la renverse.

Je crus sur le coup qu'il avait trébuché, mais c'était plutôt l'homme qui était en face de lui qui lui faisait cet effet. L'homme se leva aussitôt pour aller à sa rencontre, il était le patron de mon père. Ce jour-là, à partir de ce moment, ma vie se bouleversa, papa arrêtait son travail de facteur pour un autre, modeste, mais plus important. On déménageait de ce quartier en ayant tout de même à la tête, de beaux souvenirs.

À propos de l’auteur :

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Si pour certaines l’écriture est une corvée, pour moi c’est une nécessite. En plus de rédiger des nouvelles que je partage à ma famille et mes amis proches - on verra bien quand j’aurai le courage nécessaire de les diffuser sur ce blogue - je blogue aussi régulièrement. Et il faut le dire, j’aime proposer du contenu un peu à la manière d’un magazine : voilà pourquoi je traite de plusieurs types de sujets. J’y jase donc d’esthétisme, du monde des affaires, d’événements, de restaurants etc. Bref, c’est frais, diversifié et ça surprend (du mois je pense!). Bien contente de vous compter comme lecteur. À bientôt!