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Rester à la maison jusqu’au bout

Rester à la maison jusqu’au bout - Joann Bolduc

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà posé la question, ou arrêter sur ce problème, moi, c'est quelque chose qui me fait beaucoup réfléchir, et sur laquelle je n'ai toujours pas un avis bien arrêté. Il s'agit du problème de la prise de décision des personnes âgées.

Dans les cultures ancestrales et les cultures tribales actuelles, la personne âgée est vue comme un référent pour la société et la communauté, comme une personne respectée et à qui l'on vient demander tout un tas de conseils. C'est la sagesse incarnée de par toutes ces années vécues et ces expériences accumulées au fil des ans. On retrouve également cette idée et ce respect envers les personnes âgées dans les sociétés asiatiques, notamment la société japonaise, qui attache beaucoup d'importance au respect dû à l'âge. Mais dans nos sociétés occidentales, on se rend compte que de plus en plus la personne âgée est infantilisée. On ne lui accorde plus le respect comme on le faisait autrefois. Elles sont marginalisées, oubliées.

Il est vrai que dans une certaine mesure, on ne peut comparer la population des personnes âgées de maintenant à celle d'il y a, ne serait-ce, qu'un siècle. À l'heure actuelle, les personnes considérées comme âgées ont, entre 70 et 100 ans, alors même qu'atteindre ces âges était impensable, il y a encore quelques décennies. Les hommes et les femmes mouraient bien plus jeunes et dépassaient difficilement les 60 ans. Cependant, croyez-vous qu'au vu des conditions de vie de l'époque, une personne normale de 50 ans au XVIIIe siècle par exemple, soit aussi bien portante qu'une personne de 50 ans aujourd'hui ? Je ne le pense pas.

Mon étonnement vient du fait que désormais, la décision par exemple du maintien à domicile, ou la placement en résidence ainés Laval ou ailleurs, n'est plus en leur main. Ce sont d'autres personnes (famille, médecins, administration) qui décident à leur place. Comment cela est-il possible ? De quel droit, empêche-t-on une personne adulte de prendre ses propres décisions ? C'est « mieux pour elle » entend-on souvent dire à ce sujet, mais accepterions-nous un tel déni de respect de l'auto-décision, si ce n'était pas une personne fragile ? Bien sûr que non, et là est mon interrogation. La fragilité physique est-elle comparable à la fragilité psychique qui autorise la société à décider à la place de l'individu ? Quand la personne âgée a perdu la raison ou le lien avec la réalité, alors oui, je comprends que l'on décide à sa place. Mais quand il s'agit simplement d'une fragilité physique ? Je ne suis plus sûr de rien.

À propos de l’auteur :

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Si pour certaines l’écriture est une corvée, pour moi c’est une nécessite. En plus de rédiger des nouvelles que je partage à ma famille et mes amis proches - on verra bien quand j’aurai le courage nécessaire de les diffuser sur ce blogue - je blogue aussi régulièrement. Et il faut le dire, j’aime proposer du contenu un peu à la manière d’un magazine : voilà pourquoi je traite de plusieurs types de sujets. J’y jase donc d’esthétisme, du monde des affaires, d’événements, de restaurants etc. Bref, c’est frais, diversifié et ça surprend (du mois je pense!). Bien contente de vous compter comme lecteur. À bientôt!