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L’aéronautique est-elle en difficulté ? Osons y réfléchir et agir.

L’aéronautique est-elle en difficulté ? Osons y réfléchir et agir. - Joann Bolduc

Ce matin, tandis que je suis en route pour un traitement de juvederm Montreal, j’écoute les bulletins de nouvelles, qui parlent des difficultés de Bombardier à avoir des liquidités, je n’en crois pas mes oreilles. On entend parler de coupures d’emplois, de délocalisation de certaines activités, et de scénarios pessimistes, ou à tout le moins, incertains.

Il se trouve que, comme bien des Québécoises, je m’informe sur différents médias internationaux. Ce matin, justement, suite au récent salon d’aéronautique de Singapour, je venais de lire des reportages de deux gros constructeurs mondiaux, qui évoquent une poussée en croissance de leurs productions. Ils viennent, tant d’Airbus que de Boeing, d’accroître leur carnet de commandes, à tel point, que la cadence va augmenter de façon hallucinante dans les prochaines années, du jamais vu !

Comment se fait-il, que sur cette planète terre, nos médias nous rendent myopes au niveau de l’information ? Comment se fait-il, que des entreprises dans le même secteur puissent avoir des préoccupations diamétralement opposées, alors qu’on parle d’ouverture des marchés globalement ?

Le constat est simple :

  • Bombardier cherche à vendre son avion CSéries. Sa peur, est le manque de commandes. Après tant de développements et recherches, d’essais, erreurs, ajustements, le manque de résultats financiers est un enjeu crucial pour la survie de l’entreprise et son rayonnement sociétal.
  • Les deux autres géants ont peur de l’inverse, ils ont tellement vendu d’avions, ou pris de commandes, qu’ils ont peur de ne pas avoir la capacité de production suffisante. À la limite, quelques annulations de contrats, advenant que la bulle aéronautique ralentisse suite aux incertitudes qui pèsent sur les marchés asiatiques, et les deux géants respireraient mieux, et ne s’en plaindraient pas.

Comment expliquer cet écart ? Bien modestement, on pourrait évoquer le lien faible de l’engagement gouvernemental, mais je crois plutôt que c’est le manque de diplomatie, et de gestion à long terme des relations internationales du Canada, qui pénalisent l’entreprise Bombardier. Je crois que ce fleuron s’est intéressé à la conception et la production de la CSéries. Comme l’arbre cache la forêt, les dirigeants ont peut-être négligé les pourparlers en amont, pour conclure les ventes. Ils ont probablement sous-évalué la forêt, l'environnement de leurs clients acheteurs et payeurs. Bien des entreprises commettent ce type de démarche orientée de façon processuelle : on privilégie la production, ensuite, les ventes, ensuite, les retours de ventes, parfois, on gère tout cela en mode d’urgence, au gré du marché. Pour vendre des pizzas, l’enjeu n’est pas si lourd de conséquences, car l’investissement est faible. Pour un avion, les coûts de recherches, de fabrication, le respect des normes, et tout ce processus rigoureux deviennent un coût et un risque. Un coût, car on dépense avant que l’avion ne rapporte. Un risque, parce qu’on vise la perfection du produit. Un avion transporte des personnes, et se doit d’être absolument sécuritaire. Le capital est nécessaire, et doit être suffisant.

En conclusion, je crois qu’il faut que le pays se serre les coudes autour de Bombardier, si l’on veut garder ce fleuron, ou tout au moins, ne pas perdre ce qu’il en reste. Ensuite, il faut allier toutes les forces diplomatiques, politiques, économiques et techniques, pour ouvrir les portes et signer les commandes.

À propos de l’auteur :

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Si pour certaines l’écriture est une corvée, pour moi c’est une nécessite. En plus de rédiger des nouvelles que je partage à ma famille et mes amis proches - on verra bien quand j’aurai le courage nécessaire de les diffuser sur ce blogue - je blogue aussi régulièrement. Et il faut le dire, j’aime proposer du contenu un peu à la manière d’un magazine : voilà pourquoi je traite de plusieurs types de sujets. J’y jase donc d’esthétisme, du monde des affaires, d’événements, de restaurants etc. Bref, c’est frais, diversifié et ça surprend (du mois je pense!). Bien contente de vous compter comme lecteur. À bientôt!